UKANDANZ

UKANDANZ

En Ethiopie, les fils succèdent aux pères et leurs noms accolés racontent une histoire.

Ainsi vont aussi certaines discographies. Après Yetchelal « C’est possible », Awo « Oui !», voici Yeketelale : « ça continue », le troisième album de Ukandanz.

L’aventure qui lie Damien Cluzel (guitares) et Lionel Martin (sax ténor), les deux fondateurs du groupe, au chanteur éthiopien Asnake Guebreyes se poursuit et prend avec cet album de nouvelles couleurs, et une nouvelle dimension. Une synthèse aboutie, qui préserve l’énergie rock des premiers disques et fait plus que jamais place aux subtiles ornementations vocales qui sont la marque des grands chanteurs éthiopiens. Ajoutez à cela un groove plus dansant que jamais, porté par le Synthé basse d’Adrien Spirti et la batterie de Yann Lemeunier, et vous aurez la formule magique de Yeketelale.

Celle-ci s’est peu à peu dessinée au fil d’un dialogue commencé au début des années 2000, quand Damien Cluzel, débarqué en Ethiopie pour accompagner un cirque, rencontre dans un hôtel le client qui occupe la chambre voisine. Bonne pioche : il s’agit de Francis Falcetto, le pape de la collection Ethiopiques (Buda, 25 volumes à ce jour) qui a fait découvrir en Occident les trésors du swinging Addis, quand la capitale vibrait au son des grands orchestres cuivrés. Avec lui, il plonge dans les nuits de la capitale et rencontre une pleïade de musiciens. Asnake Guebreyes, chanteur en vue, est de ceux-là. Recruté par le célèbre Police Orchestra alors qu’il n’a que 16 ans, il a déjà toute la puissance, l’énergie et la finesse de son modèle, Tlaloun Guesessé, « le James Brown éthiopien ». Au début des années 90, il entame une carrière solo et signe quelques grands succès, notamment un détonnant duo avec la chanteuse Fekker Addis. C’est alors qu’il rencontre Damien Cluzel, et participe comme lui à l’album Jump to Addis (Ethiopiques volume 15) qui réunit chanteurs d’Addis et musiciens occidentaux.

Cette expérience marque sérieusement le guitariste français, qui a certes appris à se fondre dans la singularité des grooves éthiopiens, mais cherche désormais à les emmener ailleurs, dans d’autres directions. Il trouve dans son vieux comparse Lionel Martin un partenaire idéal pour se livrer à de telles expériences. Mais il leur faut un chanteur. L’idée d’Asnake Guebreyes fait son chemin. Quand un coup de fil de Francis Falcetto (encore lui!) leur propose de le retrouver sur la scène du Festival des Musiques d’Addis. Ukandanz, version rock du groove éthiopien, est ainsi né.

Booking : a.rajon@3pomprod.com