En tournée
Fanna Fi Allah

Fanna Fi Allah

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« Le message de ma musique est ouvert. Quiconque peut se délecter de mes poésies à la gloire de Dieu et entrer dans cette phase spirituelle pour s’élever. » Cette parole de Nusrat Fateh Ali Khan, éminent porte-voix d’une tradition pluri-séculaire, résonne désormais à la lecture du parcours de Fanna-Fi-Allah, un groupe californien qui a fait siennes les louanges adressées au prophète et à son gendre Ali, sans pour autant être tous musulmans. Les néophytes pourront s’en étonner, au su des événements tragiques qui ont rythmé les relations entre la communauté des croyants du Coran et l’Occident au cours des vingt dernières années. Et pourtant, il ne faut pas s’y tromper : la tradition de dissémination est dans la nature même du soufisme déclamé, la musique qawwali qui combine le raffinement rythmique développé en Inde du Nord et la poétique élaborée par les soufis de l’empire perse. « La diffusion de ces paroles d’amour est naturelle. Les grands maîtres ont toujours fait cela, et nous-mêmes nous partageons ce désir de l’autre, cette ouverture. En musique, cela permet un enrichissement constant de ce que l’on nomme la tradition, par d’autres couleurs, d’autres expériences, d’autres histoires… » analyse Tahir Hussain Faridi, charismatique leader de ce groupe créé en 2001, alors même que les lignes de fracture – ce fameux choc des civilisations – devenaient des plaies médiatiques. À ces oppositions, ils ont su répondre de la meilleure des façons : en enjambant l’océan d’incompréhension mutuelle, en outrepassant les querelles de chapelles. Ils ont ainsi enchanté les festivals de la côte Ouest américaine, comme de grandes salles de concert en Angleterre, les publics branchés musique électronique comme les centres versés dans les arts contemporains. Et ce message d’amour à la portée universelle n’a nul besoin de traduction. « Nous avons diffusé le message de nos maîtres dans d’autres régions du monde, et de cela, les Pakistanais nous sont reconnaissants. »   
Parmi ces régions moins visitées par la spiritualité du qawwali il y a la toile virtuelle, comme en attestent les millions de vue des vidéos qu’ils postent régulièrement. Nul sacrilège dans cet essaimage médiatique, si l’on s’en tient à l’intention messianique de cette exaltation faite musique. Mais attention, ne croyez surtout pas qu’il s’agit là d’une vulgarisation, visant à être compris par le commun des mortels. Chacun des membres de cet ensemble constitué voici bientôt vingt ans a suivi une longue initiation auprès des plus grands maîtres afin d’aboutir cette formule à haute teneur spirituelle.


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